HISTOIRE DE LA NORMANDIE

 

Voici en quelques lignes l'histoire de notre belle région, la Normandie!

Au paléolithique, c'est-à-dire au premier âge de la préhistoire, déjà l'homme se promène dans la forêt normande et s'abreuve dans ses cours d'eau. En témoignent les abris sous roche au néolithique (il y a quelques cinq mille ans). Les habitants de la région domestiquent les chèvres, les cochons, les équidés et surtout se lancent dans "l'érection" d'énormes pierres que l'on appellera pierres plantées, graviers de Gargantua - toujours aussi mystérieux l'on pense généralement que ce sont des sépultures.
L'âge du bronze, les occupants du sol deviennent experts dans la fusion du cuivre et de l'étain.
L'histoire devient gauloise, après être passée par les Celtes venus d'Europe Centrale. Les Gaulois se forment en tribus : Véliocasses dans le Vexin, Lexiviens à Lisieux, Eburovices à Evreux, etc...
Les Gaulois, bons laboureurs et bons soldats, sont de nature indisciplinée et turbulente et leur manque de cohésion fera que les légionnaires de César arriveront rapidement à se rendre maîtres de la région.
Nos amateurs de cervoise et de charcuterie (déjà réputée) se laisseront civiliser par les Romains et ce pour quatre siècle au moins ; finis les vieux chemins gaulois tracés au gré de la fantaisie, les routes sont tracées de manière droite et rectiligne pavées d'allées et bordées d'arbres ; temples et thermes se construisent, l'organisation romaine se met en place, les gaulois changent et ils s'adaptent même au latin.
Ensuite, grande bousculade d'envahisseurs : les Francs, les Saxons, les Alains et bien d'autres vont tour à tour envahir la Gaule romaine.


Le fameux drakkar des Vikings

Jusqu'au jour où en 820, les paysans de la baie de Seine aperçoivent une dizaine de curieux bâtiments, Snekkar ou Knorr selon les hommes du Nord, Drakkar à cause de l'animal sculpté sur la proue et la poupe, en réalité un dragon.
Ces énormes barques qui se meuvent avec aisance, soit à la rame, soit à la voile contiennent parfois jusqu'à cinquante hommes ainsi que des animaux ; les Northmen ne s'embarrassaient pas de leurs femmes, ils les trouvaient sur place ! Jurant par Thor et par Odin, nos joyeux Vikings vont piller, violer, massacrer et ce jusqu'en 911 où sera signé le fameux traité de Saint Clair sur Epte entre le roi Franc Charles le Simple et Rollon ou Rolf chef des Northmen ; il est vrai que les incursions réitérées sur Paris ont fait réfléchir le roi Charles.


Guillaume le Conquérant

Bientôt, l'heure de Guillaume le Conquérant va sonner et le 14 Octobre 1066, il gagnera et la bataille d'Hastings. Les Héritiers de Guillaume prendront le nom bucolique de Plantagenêts et règneront désormais sur le Normandie et l'Angleterre.
En 1189, Richard dit Coeur de Lion ceint la double couronne. Il sera tout au long de sa vie en lutte avec Philippe Auguste roi de France qui regarde avec concupiscence la belle Normandie. Pour la protéger, il construira en 1197 la forteresse de Château Gaillard sur un rocher dominant la Seine - trois grosses tours entourées d'un large fossé taillées dans la roche.
Les rois de France ne cesseront de "loucher" vers la belle province essayant par tous les moyens de l'annexer soit par les armes, soit par ruses diverses. En 1315, Louis X le Hutin fera rédiger la charte aux Normands dans laquelle il leur fera maintes promesses, entre autres faire de l'Echiquier de Rouen, une cour souveraine de comptes et de justice. Les Normands sont persuadés qu'ils ont gagné et en réalité, la page est tournée. La Normandie des Vikings n'est plus, une ère nouvelle s'installe de calme et de prospérité.

Mais les périodes de paix ne durent jamais bien longtemps et Anglois et François guerroyeront allègrement pendant cent ans. Jeannne d'Arc y gagnera son statut de sainte, elle sera brûlée sur le bûcher à Rouen, le 30 Mai 1431, sur la place du Vieux Marché. Sainte pour les uns, sorcière pour d'autres, elle a donné semble-t-il un regain de courage au malheureux roi de France Charles VII qui le 10 Novembre 1449 entre à Rouen en vainqueur.


Jeanne d'Arc sur le bûcher

Dès 1530, la réforme se répand en Normandie, Luther et Calvin font des émules. La guerre civile au nom de Dieu n'épargne pas la province qui sera divisée en deux et aura de ce fait deux parlements, l'un à Caen protestant tandis que Rouen sera du côté des ligueurs ultra-catholiques.
C'est ainsi que nous trouverons Henri IV le couvre-chef hardiment empanaché face aux ligueurs du "Duc de Guise" qu'il bat le 14 Mars 1590 à la célèbre bataille d'Ivry.

Avril 1608, Champlain et Dupont-Gravé partent de Honfleur avec des colons, arrivent en Juin à Tadoussac et désormais, les Normands jouent un rôle dans le peuplement de la Nouvelle France en créant Québec.
Soixante ans plus tard, c'est un rouennais Roger Cavelier de la Salle qui découvre l'Ohio et le Mississipi.


Samuel de Champlain et Roger Cavelier de la Salle

En 1685, lors de la révocation de l'édit de Nantes par le Roi Soleil le quatorzième du nom, nombreux furent les Normands protestants à s'exiler vers les Pays-Bas, l'Angleterre et la Prusse (près de 80.000) emportant par la même occasion leurs biens et leurs savoirs.
1786, Louis XVI visitant la Normandie, reçoit un accueil enthousiaste dans toute la province ce qui n'empêchera pas les mêmes Normands, trois ans plus tard en 1789, de marcher sur Versailles pour y chercher le roi.
1790, à Beaumoncel ferme de Camembert, Marie Harel sur les conseils d'un prêtre réfractaire venu de Brie, invente le fameux camembert.
1793, Charlotte Corday venue de Caen se rend rue des Cordeliers à Paris. Nous sommes en Juillet, Marat baigne... bientôt dans une mare de sang.

Napoléon Bonaparte fait subir à la Normandie le même sort qu'aux autres régions, c'est-à-dire obliger les jeunes hommes à partir de vingt ans à s'enrôler dans sa grande armée, réquisitionner chevaux et bovins afin de servir de nourriture aux Grognards, donc priver la province de ses forces vives.
Le blocus de 1811 que les Anglais font subir à la France prive les ports normands de débouchés, asphyxiant le commerce ; activité au ralenti, appauvrissement de la province.


Claude Monet, d'origine havraise, s'installe définitivement à Giverny en 1883 où il peint les Nymphéas ; les cultivateurs qui ne l'apprécient que modérément lui louent les meules de foin qu'il veut peindre allant jusqu'à lui faire payer un droit de passage pour traverser leurs champs. Grand ami de Georges Clémenceau, celui-ci achète en 1908 un petit château à Bernouville afin de se rapprocher de Monet.
Jean-François Millet ainsi que Turner, Bonington, Daubigny, Corot, Jongkind et Boudin furent aussi influencés par les paysages normands.


Claude Monet, Marcel Proust et Guy de Maupassant

La littérature n'est pas en reste avec Alphonse Allais, humoriste de Honfleur.
Marcel Proust, quant à lui, passe tous ses étés à Cabourg de 1907 à 1914 dans le Grand Hôtel qui servira de décor à son roman A l'ombre des jeunes filles en fleur.
Guy de Maupassant né à Fécamp trouve dans sa province natale ses principaux sujets et personnages notamment Boule de suif paru en 1880.

Gustave Flaubert en 1856 s'inspire d'un fait divers survenu dans le village de Ry (Yonville-l'Abbaye) pour écrire son roman Madame Bovary.
En 1866, le compositeur Erik Satie naît à Honfleur rue de la Sirène.

Juin 1944, après quatre années d'occupation nazie, c'est par la Normandie que débarquent les troupes alliées pour libérer l'Europe du joug fasciste. Les Normands paieront un lourd tribut pour cette liberté retrouvée : villes rasées, campagnes dévastées par l'US Air Force et la Royal Air Force (plus de 3.000 civils havrais furent sacrifiés aux stratégies militaires).


Utah Beach et le Mémorial de Caen

Le Mémorial de Caen est le témoin pacifique de cette ultime page guerrière de l'histoire de la Normandie.
"Toujours, sans doute, dans la suite des siècles, il est resté quelqu'un dans les villages normands pour voir, sur le chemin, passé selon les caprices de la guerre, l'envahisseur : Vikings roux, leudes de Guillaume couverts de mailles, archers anglais à la casaque rouge, hommes d'armes de Dunois, écuyers de Philippe Auguste, de Richard Coeur de Lion, huguenots de Montgomery, ligueurs de Mayenne, Gascons de Henri IV, chouans de Frotté, Prussiens de 1870. Comme eux, les allemands d'aujourd'hui ne feront que fouler la moisson en herbe et passer. Derrière eux, il y aura toujours des Normands pour recommencer l'emblavure...".

Journal de guerre du Dr Soubiran.

 

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